Le projet

Plus que jamais, notre enseignement a besoin de modernité, de se redéfinir face à une société qui a évolué, il se doit de se tourner vers des méthodes plus innovantes, tournées vers le XXIe siècle avec ses technologies en constante évolution, son accès au savoir plus présent que jamais et ses jeunes en quête d’une école qui fasse réellement sens pour eux. Trop souvent coupés des réalités du monde extrascolaire, les élèves ne sont pas assez formés à comprendre le monde dans lequel ils évoluent, s’éloignant dès lors du rôle premier de l’école : former des citoyens responsables pour notre démocratie. Si l’expression peut paraître aujourd’hui vide de sens tant elle a été rabâchée par tout un chacun, elle n’en reste pas moins essentielle ; plus que jamais, un jeune sortant de l’école secondaire doit pouvoir comprendre le monde qui l’entoure, connaître les mécanismes qui le font tourner, interagir avec celui-ci en pouvant défendre ses idées et en sachant par quel biais et sous quelle forme les défendre, faire face à des situations inédites sereinement, en cherchant les différentes solutions qui s’offrent à lui, tant de valeurs essentielles portées par notre projet.

Nous souhaiterions remettre toutes ces démarches et valeurs qui figurent depuis 1997 dans le Décret Missions au centre de nos préoccupations et pédagogies. En effet, nous regrettons qu’en 20 ans, ces principes pourtant évidents n’aient pas été plus souvent à l’origine de profondes remises en question de l’organisation des écoles. À la relecture de ce texte, nous nous sommes aperçus que notre désir d’ouvrir une école différente s’inscrivait parfaitement dans les fondamentaux du décret.

En outre, force est de constater que la transition entre primaire et secondaire est particulièrement fragile, de nombreux élèves n’étant pas armés pour accomplir positivement leur entrée en première secondaire. Constat plus alarmant encore lorsqu’on remarque que les écoles primaires proposant des pédagogies alternatives ne trouvent que peu d’écho en secondaire.

De plus, comme le développe le Pacte pour un Enseignement d’Excellence[1], l’enseignement belge souffre de nombreux dysfonctionnements, qu’il s’agisse des mauvais résultats aux évaluations externes (PISA, CE1D, différences de score entre élèves de milieux défavorisés et favorisés, entre écoles « plus performantes » et « moins performantes », etc.), du taux de décrochage scolaire[2] ainsi que du taux d’échec et de redoublement. Notre enseignement est trop peu équitable et n’offre pas un taux satisfaisant de réussite dans l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, l’enseignement ne joue plus son rôle d’ascenseur social, renforçant plutôt les inégalités déjà présentes dans la société. Ainsi, quelle école peut se targuer d’une véritable mixité, à plus forte raison en région bruxelloise ?

D’autre part, et de façon plus urgente sans doute, si l’explosion démographique en Région de Bruxelles-Capitale ne cesse d’inquiéter les acteurs de l’enseignement et du monde politique, la priorité semble être l’ouverture de nouvelles écoles primaires sur le territoire. Tandis que l’enseignement secondaire n’offre déjà plus suffisamment de places, qu’adviendra-t-il des enfants de ces nouvelles écoles de la capitale ?

Enseignants en secondaire de différentes branches, issus de plusieurs écoles de réseaux et de pédagogies différents, nous avons uni nos expériences et notre volonté d’une école plus juste pour construire un projet d’école véritablement mixte et à réelles pédagogies actives. Notre équipe comporte également d’autres acteurs de l’enseignement, des parents, etc.

Notre projet porte sur l’ouverture d’une école secondaire générale qui débuterait avec quatre ou cinq classes de première secondaire et qui accueillerait donc, six ans après l’ouverture, entre 500 et 600 élèves.

 

Une école à pédagogies actives

Il nous semble avant tout important de préciser que notre volonté n’est pas de se référer à un seul pédagogue ni à un seul type de pédagogie active. Les enseignants de notre équipe ont étudié, observé, ou enseigné les principes de pédagogues tels que Freinet ou Decroly et ont conclu que ces pédagogies avaient de nombreux points communs à exploiter. Tel est le sens de notre démarche, revenir aux bases communes des méthodes actives où l’élève est épanoui parce qu’il est acteur, qu’il construit son apprentissage et lui donne du sens. Nous serons ainsi toujours vigilants à parler de pédagogies actives au pluriel.

Une école à pédagogies actives n’est pas simplement une école qui se contente d’appliquer des méthodes actives en classe, c’est son organisation tout entière qui est impliquée dans cette démarche. En centrant sa réflexion et ses pratiques sur le jeune, ses besoins, son épanouissement, en lui laissant une place dans le fonctionnement et la construction de son école, l’école active s’affirme dans un rejet de l’autoritarisme pseudo-militaire et d’un apprentissage s’apparentant parfois au gavage d’oies ; l’activité scolaire doit faire sens pour l’élève, les savoirs, savoir-faire et compétences s’ancrent dans le concret, dans le projet de l’élève.

Les différentes pratiques de pédagogies actives prédominantes aujourd’hui offrent de nombreux outils et projets permettant la construction d’une école active cohérente non seulement avec son public, mais aussi avec les compétences et les attentes des enseignants qui la composent. Parmi ces pratiques, certaines sont incontournables, reposant sur des « invariants pédagogiques »[3] .

La pédagogie active s’efforce de faire tomber les murs entre l’école et le monde extrascolaire : si l’élève doit apprendre le monde qui l’entoure, il doit pouvoir s’y frotter, s’y confronter, pour mieux l’appréhender. Qu’il s’agisse d’excursions, de mises en projets impliquant d’autres acteurs de la société « réelle » ou même d’ouvrir ses portes plus régulièrement que d’autres établissements sur des projets extérieurs, l’école active pratique un enseignement par compétences au sens originel du terme, l’élève développant sans cesse dans le monde réel un esprit critique, une réflexion et une capacité de décision qui font d’ailleurs partie intégrante des objectifs généraux du Décret Missions.

Axée sur le développement personnel de chaque élève selon ses qualités et son individualité, l’école active offre aux élèves des espaces de travail autonome au cours desquels ceux-ci peuvent avancer dans la matière désirée selon un planning établi avec leurs professeurs ou entamer des recherches pour l’accomplissement d’un projet personnel là aussi encadré par leurs enseignants. Avec les outils adéquats, le jeune apprend à évaluer seul son degré de maîtrise et l’étendue de l’aide dont il a besoin ; évoluant selon ses besoins et son rythme, l’erreur n’est plus alors considérée comme une faute[4] et devient même formatrice, il peut s’auto-évaluer et juger de ses besoins en prenant conscience de ses points forts et en travaillant sur ses points faibles.

Dans cette même optique d’épanouissement personnel et de développement de son esprit critique, l’adoption d’un tronc commun est fondamental en pédagogies actives ; il permet en effet à l’élève de  ne pas avoir à assumer un choix prématuré d’options auxquelles il n’aurait pas été initié. Nous choisissons ainsi, dès le premier degré, de présenter aux élèves toutes les options qui leur seront proposées à l’entrée du deuxième degré (voir ci-dessous).

 

Une école de la réussite

En s’inscrivant dans un enseignement de type général, notre désir est d’offrir aux élèves une formation complète et efficace qui leur permettra d’envisager la poursuite d’études supérieures sereinement, avec toutes les armes nécessaires pour affronter cet enseignement dans la multiplicité des approches qu’il propose. Afin que nos élèves soient prêts et préparés, plusieurs aspects des pédagogies actives, en plus de l’autonomie déjà évoquée, nous semblent permettre d’atteindre cet engagement. Ainsi, en pédagogies actives, l’évaluation est continue et variée : l’élève ne travaille pas pour une évaluation donnée, il sait qu’il est constamment évalué durant tout son apprentissage et qu’il ne s’agit pas de jauger sa valeur à un moment fixé à l’avance. La place pour évoluer lui est laissée et c’est d’ailleurs cette même évolution qui est au centre du processus d’évaluation. Ce qui compte n’est pas de maîtriser une matière pour une certaine date mais bien d’avoir réellement acquis les différents savoirs et compétences à mettre en place dans le cadre du cours.

Sans avoir recours à un bachotage artificiel fermement condamné par les conseillers pédagogiques[5] mais en centrant son approche sur les compétences, les connaissances essentielles d’une discipline et une réflexion approfondie sur la mécanique de l’examen, notre école veut par ailleurs faire de la réussite des évaluations externes une priorité.

Il convient au passage de mettre un terme à une idée reçue trop souvent affirmée, voire même abusivement mise en place par certains établissements : les pédagogies actives ne sont pas la négation de la fixation et de la mémorisation. L’évaluation porte d’ailleurs régulièrement sur un savoir donné à s’approprier pleinement, outil indispensable à la réussite de tâches plus complexes qui suivront. C’est dans ce cadre que l’élève est aussi amené à exprimer toute sa créativité : l’évaluation n’a pas forcément toujours lieu sous la forme d’un travail écrit, les supports sont nombreux, ouverts, l’élève peut démontrer sa maîtrise de différentes manières. Par ailleurs, la coopération et la collaboration (entre professeurs et élèves bien sûr, mais aussi entre élèves) n’est pas négligée et les travaux de groupe dont la dynamique est sans cesse renouvelée laissent à l’élève l’occasion d’éprouver les réalités du travail en équipe, de trouver sa place dans un tel processus en développant et en valorisant sa plus-value dans la répartition et la réalisation des tâches demandées. En prenant véritablement part au processus d’aboutissement d’une activité, l’élève développe aussi, une fois encore, l’estime de soi si chère à ce genre de pédagogies.

Une école de la réussite signifie aussi que celle-ci doit pouvoir venir en aide aux élèves si nécessaire. L’école proposera ainsi :

  • une école des devoirs
  • des remédiations
  • des permanences
  • un tutorat à partir de la 3ème

Remarquons que les aides que nous proposons ici ne demanderont pas de budget supplémentaire, faisant partie de l’horaire des élèves et du NTPP dont dispose l’école ou se basant sur des aides extérieures (telles que Schola ULB).

 

Une école socialement mixte

Une des particularités de notre projet est très certainement le public que nous visons. Les écoles secondaires à pédagogies actives bruxelloises existantes sont actuellement situées dans des quartiers du sud de Bruxelles et ont un public assez privilégié. Notre école aimerait montrer que les pédagogies actives fonctionnent de manière aussi efficace avec un public plus précarisé et que la mixité sociale est un réel moteur d’apprentissage, de réussite et d’épanouissement. Nous ne parlerons ici que la mixité sociale.[6]

Comme rappelé en préambule, notre enseignement est un des plus inégalitaires d’Europe. En hiérarchisant les écoles et les filières, il trie les élèves, les oriente très (trop !) tôt vers les filières techniques et professionnelles, déterminant rapidement leur avenir socioprofessionnel et renforçant ainsi les inégalités déjà présentes dans la société, loin d’honorer son rôle d’ascenseur social. Il ne donne pas les mêmes chances à tous, laissant sur le carreau les élèves de milieux défavorisés au profit de ceux déjà avantagés par leur milieu socioculturel. Si notre enseignement est tellement inégalitaire, c’est avant tout parce que le principe de mixité sociale n’y est pas appliqué, s’apparentant plutôt à un marché où des écoles dites « élitistes » côtoient des écoles « ghetto ». Par comparaison aux autres pays européens, seule la Hongrie fait pire en termes de ségrégation scolaire et ce bien que le quatrième objectif du « Contrat stratégique pour l’école » soit clair à ce sujet : l’école doit favoriser la mixité sociale dans chaque établissement scolaire et chaque filière[7].

Très peu d’écoles, en région bruxelloise de surcroît, peuvent se targuer de rencontrer une réelle mixité sociale jusqu’en 6e secondaire. Le Décret Inscriptions a certes permis de mettre théoriquement tous les enfants sur pied d’égalité au moment de l’inscription en 1re secondaire, mais le rapport préliminaire de la première évaluation de la Commission de pilotage de l’enseignement montre que les résultats ne sont que peu concluants au terme de cinq années de décret. En effet, cette évaluation met en exergue que l’indice de similarité (qui signale le pourcentage d’élèves qu’il faudrait changer d’école pour que chacune accueille la même proportion d’élèves défavorisés) est passé de 17,6 à 16,9, ce qui est fort décevant. Nous pouvons en effet constater sur le terrain que les écoles « élitistes » rejettent naturellement les enfants défavorisés qui ont pu s’inscrire grâce au Décret. Ceux-ci ne sont pas les bienvenus dans ces écoles qui estiment que la mixité fait baisser le niveau global des classes et qui se « débarrassent » donc rapidement de ces « boulets ». La dualisation sociale est donc sensiblement la même qu’avant le Décret vu que cette mixité n’est que rarement maintenue jusqu’à la sortie.

De plus, la mixité sociale ne permettrait pas seulement de relever notre niveau global d’enseignement et de favoriser l’égalité des chances, celle-ci apporterait également une cohésion sociale évidente en apprenant aux élèves un réel vivre-ensemble. Tant que les écoles ne seront pas le reflet des différences de cultures et de classes sociales qui traversent notre société, les élèves ne deviendront pas de réels citoyens de notre démocratie dont ils n’auront jamais côtoyé tous les acteurs. Ils n’auront pas les clés pour comprendre notre société, la critiquer et, par conséquent, l’améliorer. Seule une réelle mixité peut, et ce dès le plus jeune âge, ouvrir nos jeunes sur le monde et efficacement lutter contre le communautarisme, le repli identitaire et le racisme. Il est inutile de préciser que si chacun grandit uniquement entouré de personnes de son milieu, de sa culture, de sa religion, aucune ouverture sur les autres n’est possible. Ne nous étonnons pas alors que, dans la situation actuelle, le vivre-ensemble et la compréhension des différences soient si compliqués et que les pires valeurs antidémocratiques se développent de plus en plus.

Mais ne nous voilons pas la face et ne perdons pas de vue que la mixité doit être particulièrement bien encadrée car elle pourrait aussi être un frein au développement des élèves. En effet, et ce sont les reproches classiques adressés à la mixité scolaire, celle-ci peut devenir néfaste que ce soit pour les élèves défavorisés ou pour les élèves favorisés. Les premiers pourraient se sentir mal à l’aise, inférieurs, écrasés par ceux qui ont déjà plus de connaissances et de facilités et ainsi s’auto-exclure. Les seconds pourraient trouver que l’enseignement subit un nivellement par le bas car ils n’avancent pas assez vite dans leur apprentissage. Ils pourraient ainsi craindre d’être moins bien formés que dans une école « élitiste ».

Nous pensons dès lors que seule une école à pédagogies actives peut réellement éviter ces deux écueils. En effet, la mixité demande de pouvoir comprendre et traiter les différences qui existeront au sein des classes. D’abord, les enseignants veilleront à éviter la bipolarisation au sein de la classe et à associer tous les élèves quel que soit leur niveau. Ensuite, ils seront vigilants aux différences de rapport au savoir, à l’école, aux projets personnels qui existent d’un milieu à un autre. Il nous semble évident que ce type de démarche n’est possible que dans une équipe où il existe un véritable travail interdisciplinaire et surtout avec une pédagogie épanouissante qui envisage chaque élève comme un élève à part entière, avec ses forces et ses faiblesses, le plaçant au centre de son apprentissage.

 

Une école citoyenne

Une école démocratique et citoyenne implique deux axes dans notre projet.

Premièrement, le choix de nos options au premier degré montre l’importance que nous voulons donner à la citoyenneté. En effet, 2h par semaine seront consacrées à l’option d’initiation aux principes de citoyenneté. Ce cours aura pour objectifs d’appréhender les principes démocratiques pour comprendre la société et la faire évoluer, d’activer les réflexes citoyens chez les élèves et d’intégrer les élèves dans les processus démocratiques de l’école. Les activités préconisées seront par exemples le traitement de l’actualité, en particulier l’information liée aux questions de citoyenneté, la systématisation des expériences de vivre-ensemble et le retour sur les problématiques abordées lors des conseils hebdomadaires (voir ci-dessous).

Deuxièmement, l’École Ensemble considère les conseils institutionnels comme l’une des pierres angulaires de l’école active : les conseils de classe hebdomadaires, les conseils de délégués, les conseils d’école, les conseils de participation sont autant de lieu qui permettent aux élèves de participer activement à la construction et à l’amélioration de leur école. Régulant la vie de la classe, ces conseils sont la meilleure preuve qui soit pour l’élève du processus démocratique qu’il éprouve de fait. Quel meilleur moyen de former des citoyens responsables pour le futur qu’en leur laissant déjà assumer un tel rôle durant leur scolarité au sein même de leur école ?

Les conseils institutionnels permettent d’établir des règles, de revenir sur celles déjà existantes, de chercher des solutions à l’un ou l’autre problème vécu, de découvrir les processus de vote d’une démocratie participative, etc. L’école devient une société à part entière dans laquelle l’élève peut expérimenter sereinement le vivre-ensemble.

À un autre degré, les professeurs sont eux aussi amenés à rencontrer et à (re)découvrir de tels processus à travers les nombreux conseils et réunions de professeurs qui leur permettent de maintenir l’école en constante remise en question et en lui permettant d’évoluer efficacement avec les différentes réalités qu’elle sera amenée à rencontrer. Rien n’est jamais figé, ce qui permet une fois de plus à tous les acteurs de la vie scolaire de s’y épanouir pleinement.

Loin de se contenter des conseils de délégués présents dans la plupart des écoles parce que la loi les y contraint depuis l’obligation d’organiser un conseil de participation comprenant notamment des représentants d’élèves, notre école veut que ces organismes soient réellement régulateurs de la vie de l’école.

Les élèves doivent percevoir qu’ils ont un véritable rôle à jouer dans le fonctionnement de leur école, qu’ils peuvent changer des choses dans cet établissement en constante construction. Une fois par semaine, les élèves de la classe se réunissent donc en conseil de classe hebdomadaire avec leur titulaire. Ce conseil a systématiquement lieu en fin de semaine afin de clôturer celle-ci. Ils y discutent et questionnent la vie de la classe et de l’école. Ils apprennent ainsi la gestion d’un groupe, la prise de parole en public, et bien sûr la démocratie.

Outre l’intérêt formateur de tels dispositifs, le conseil hebdomadaire est un outil primordial pour conserver une sérénité tangible dans l’établissement. Lieu où les tensions, les craintes, les envies peuvent être exprimées librement, où le titulaire s’affirme comme un membre de la classe comme les autres, il permet de désamorcer les conflits, de détecter les harcèlements, d’évoquer et de chercher une solution aux problèmes rencontrés, disciplinaires ou non, d’entamer une discussion constructive avec les professeurs ou éducateurs conviés, d’inviter les intervenants nécessaires à l’accomplissement d’un projet initié par les élèves, de proposer des modifications salutaires dans le fonctionnement de l’école, de s’assurer de l’épanouissement de chaque élève dans son école, etc.

En plus d’apprendre une forme de gestion et de rigueur (tenue et suivi d’un ordre du jour, respect des rôles attribués à chacun lors des réunions…), dans les écoles où ce genre de dispositifs ont été mis en place, les violences scolaires ont été réduites, notamment parce que ce dialogue organisé permettait de responsabiliser chaque jeune et d’empêcher des situations difficiles d’empirer[8].

C’est parce que ce conseil hebdomadaire nous semble aussi fondamental que nous voulons qu’il ait lieu toutes les semaines.

 

Une école de projets

Nos pratiques respectives d’enseignants nous ont montré que des élèves démotivés, voire en décrochage scolaire, se retrouvent soudain épanouis lors de différents projets interdisciplinaires où ils parviennent à retrouver un sens à l’apprentissage. Chaque année, le constat est le même dans chacune de nos écoles : les élèves se révèlent par ces projets, s’investissent réellement, prouvent une connaissance et une appropriation durables de la thématique abordée, s’expriment en public et sont heureux de venir à l’école. Sans conteste, les projets sont mobilisateurs dans les écoles dont le public peut pourtant être parfois perçu comme difficile.

Forts de ce constat, il nous paraît évident que l’École Ensemble doit être une école de projets. Les élèves travailleront ainsi chaque année autour d’un thème de société qui leur servira de fil conducteur et ce de manière interdisciplinaire. Chaque classe s’appropriera ce thème à sa manière et organisera son propre plan de travail annuel. Tantôt avec leur groupe-classe, tantôt de manière plus individuelle[9], nous souhaitons que nos élèves apprennent à mener une recherche complète en se servant de toutes les formes d’outils à leur disposition et à en présenter les résultats de la manière la plus adéquate.

Mis à part ce projet autour du thème de l’année et le conseil hebdomadaire que nous considérons comme un véritable projet d’école aussi, notre école accorde une importance particulière aux sorties et observations de terrain afin de donner vie aux contenus et matières enseignés. Les activités intra- et extra-muros (intellectuelles, sociales, physiques…) seront donc fréquentes : excursions, rencontres, sorties, voyages scolaires. Ces sorties seront fréquentes et serviront de point de départ ou de complément aux différents cours afin de leur donner sens. Chaque excursion sera entièrement organisée et gérée par les élèves. Ce type d’activité pourra également se faire dans l’école : ateliers, rencontres, conférences…

Le travail autonome fait également partie des projets auxquels nous tenons.

Pendant 4h par semaine, l’élève travaillera de manière autonome et individuelle, sous l’accompagnement d’un enseignant. Pendant ce temps, l’élève avance à son rythme dans les différentes tâches qu’il a à accomplir. Pour le guider dans cette démarche, l’élève établit avec les professeurs de chaque discipline un plan d’apprentissage individualisé. Ces tâches peuvent relever de la réalisation d’exercices, de la recherche documentaire, de l’activité créative, de la lecture, de l’étude…

 

Une école portée sur les langues

Notre projet désire laisser une place de choix à l’apprentissage des langues, que ce soit par le biais de cours de langues en immersion, par des projets de correspondances, par les activités parascolaires proposées. Un véritable trilinguisme fonctionnel nous semble un objectif minimum à atteindre au terme de six ans d’apprentissage. Notre volonté n’est pas de consacrer plus d’heures de cours aux langues (c’est ainsi que nous n’avons pas choisi des heures d’option liées aux langues) mais de faire vivre les langues dans l’école au quotidien.

Mais notre école veut avant tout mettre en évidence l’importance de la langue française. Nous désirons donc surtout renforcer cette langue, outil de base pour appréhender tous les autres domaines. Il doit permettre à l’élève de s’émanciper par une maitrise de la langue française qui lui permettra une communication aisée, la formulation de ce qu’il observe et l’expression de sa pensée. Notre cours de français fera ainsi en sorte que chacune de ses compétences (écouter, lire, écrire, parler) devienne transversale. Nous avons donc décidé de garder les 2h à option restantes (en plus des 2h d’initiation aux principes de citoyenneté) dans le domaine du français. Il nous a semblé pertinent de ne pas ajouter 2h aux 6h de français déjà présentes, mais d’aborder la langue par le biais de la culture antique. Ce cours ne sera pas un cours de latin classique, il permettra une réflexion sur la langue en général (étymologie, vocabulaire, syntaxe…), il mettra en valeur l’expression orale, l’art de la rhétorique, le théâtre comme moyen de communication. En outre, cette option permettra de se décentrer de ses propres références culturelles par la découverte de la culture antique et de mettre en perspective les héritages de la culture occidentale.

 

Une école axée sur les nouvelles technologies

On constate que de nombreux jeunes ne savent pas comment fonctionne une adresse mail et se contentent d’une utilisation d’Internet centrée essentiellement sur les réseaux sociaux (sans connaissance du paramétrage de ceux-ci) et les sites vidéo. Le monde du travail réclame plus que jamais une réelle maîtrise des nouvelles technologies, et une école qui ne se ferait pas un devoir de s’assurer que tous ses élèves aient une connaissance approfondie du fonctionnement d’un traitement de texte, d’un ordinateur ou d’une tablette, de la création d’un site Internet, d’une recherche efficace sur un moteur de recherche… passerait à côté de sa mission. Tout comme la sensibilisation à l’art, l’exploitation des nouvelles technologies est pour nous comme pour le Décret Missions et le Pacte pour un Enseignement d’Excellence une priorité à intégrer au sein de tous les cours.

En pratique, nous souhaitons mettre à profit notre riche expérience dans ce domaine[10] au sein de cette nouvelle école. La fracture sociale s’accompagne trop souvent d’une fracture numérique que l’école doit contribuer à réduire. Même pour les élèves disposant de toutes ces technologies chez eux, il n’est pas normal que, trop souvent encore, l’école interdise aux élèves l’utilisation de ces outils auxquels ils ont pourtant accès au quotidien.

Avec un libre accès à Internet dans chaque local de cours, la recherche ou la vérification d’une information s’ancrent réellement dans la réalité de l’adolescent et du futur qui l’attend ; les tableaux interactifs permettent d’exploiter sans difficulté une présentation PowerPoint ou Keynote autrement plus efficace que le traditionnel panneau en carton[11] ; une leçon d’histoire de l’art prend un tout autre tour si chaque élève peut observer les œuvres exploitées en couleurs sur une tablette plutôt que sur une photocopie en noir et blanc, zoomant dès qu’il le souhaite sur l’un ou l’autre détail de l’œuvre ; les constructions géométriques d’un cours de mathématique deviennent presque tangibles à l’aune des nouvelles technologies ; etc. Les exemples d’une réelle intégration des nouvelles technologies dans l’école ne manquent pas.

Il est bien sûr indispensable de prendre en considération, même s’ils sont de plus en plus rares, les élèves ne disposant pas d’un accès quotidien à de tels outils, mais la bibliothèque de l’école, correctement équipée, reste un lieu accessible aux élèves en dehors des heures de cours.

Mais l’usage ne s’arrête pas là, sans quoi les constats de Marcel Lebrun[12] trouveraient peu d’écho. L’usage des nouvelles technologies en classe, pour ne pas « singer les formes traditionnelles », réclame une révolution dans les conceptions pédagogiques qui est finalement celle-là même des pédagogies actives.

 

Une école développant la créativité

L’École Ensemble attachera une importance toute particulière à l’expression sous toutes ses formes, comme le préconise déjà le Décret Missions dans ses articles 8 et 9.

L’école active fait la part belle à l’art sous toutes ses formes, aspect souvent relégué au second plan dans les enseignements plus traditionnels. Si l’ambition de notre école n’est pas de faire de tous des artistes en herbe, il s’agit néanmoins de permettre à tout un chacun, peu importe son milieu, de se frotter et de découvrir son potentiel dans ce domaine. Dès le premier degré, les élèves suivront ainsi un cours d’arts qui les éveillera à différents domaines artistiques qui seront eux-mêmes régulièrement mis à profit dans l’ensemble des disciplines et projets.

Souvent négligée, l’expression corporelle nous semble essentielle. Se sentir bien dans son corps est le point de départ à tout épanouissement intellectuel et social. L’adolescence étant une période souvent douloureuse dans le rapport au corps, l’école doit tout mettre en œuvre pour permettre à l’élève de connaitre et accepter son corps et ses transformations pour ainsi lui donner confiance. Le cours d’éducation physique proposera donc entre autres activités, de l’expression corporelle qui permettra à l’élève de prendre conscience de son corps, de la danse, du théâtre, etc.

 

Une école sensibilisée à l’intégration

L’École Ensemble, comme son nom l’indique, veut que tous les enfants aient accès à l’enseignement ordinaire. Le handicap ne sera donc jamais un frein pour une inscription dans notre école. L’école veillera à une accessibilité totale, que ce soit en terme de bâtiment, de matériel, d’excursion… et sera attentive à ce que cette intégration ne repose pas uniquement sur des efforts de la part de l’élève intégré. Notre but est que toute l’équipe éducative soit impliquée et fournisse les efforts nécessaires pour que cette intégration se réalise en douceur et soit épanouissante. Nous défendons également l’idée qu’intégrer des élèves handicapés est aussi une richesse pour tous les élèves de l’école.

 

Une école sensibilisée à l’environnement

On nous le répète assez : c’est en se mobilisant tous, chacun à notre niveau, que nous pourrons redresser le bilan écologique très noir dressé régulièrement par les scientifiques. Là encore, quel lieu serait mieux indiqué que l’école pour sensibiliser à cette réalité ? Dans le discours tenu, mais aussi dans les actes concrets du quotidien, nous désirons une « école écologique » qui privilégiera la récupération et le recyclage à l’achat impulsif et au gaspillage inconsidéré.

Divers projets à mettre en place avec les élèves seront précisément tournés sur la problématique du tri et de notre impact sur la nature : potager dans la cour de récré ? récolte de fonds en portant les déchets triés au centre adéquat ? recyclage de ceux-ci au cours de technologie ? Les pistes sont nombreuses pour faire de cette école un établissement dont sortiront des citoyens éclairés

sur tous ces petits gestes et considérations qui peuvent « sauver la planète » : les économies d’énergie doivent devenir une réalité au sein de l’école, tout autant par la logistique mise en place que par la sensibilisation des élèves.

 

Une école en lien avec les parents

Si les élèves et les professeurs sont particulièrement sollicités dans la vie et le fonctionnement de l’école, les parents ne sont pas oubliés. À différents niveaux et de différentes manières, de sorte que chacun puisse y trouver sa place selon le temps qu’il peut y consacrer, les parents sont eux aussi régulièrement amenés à participer à la vie de l’école : conseil de représentation, organisation de d’activités, commentaires des bulletins, mise à disposition des compétences de chacun lorsque cela est nécessaire. Les moyens de faire intervenir les parents ne manquent pas.

Dès lors que les parents se sentent aussi un peu « chez eux » au sein de l’école, le parcours de l’élève en ressort facilité : pas de réelle rupture entre la sphère privée et la sphère scolaire, suivi des parents qui prennent conscience des forces et des faiblesses de leur enfant et peuvent le soutenir dans ce qu’il entreprend, compréhension réelle des mécanismes de l’école qui permet des choix d’orientation gérés en connaissance de cause lorsqu’ils surviennent, etc. En rendant aux parents leur rôle d’acteur de la vie scolaire, nous souhaitons lutter contre des problèmes tels que celui du décrochage scolaire.

Concrètement, si l’école doit être un lieu d’accueil pour les parents, il faut prévoir des moments où ceux-ci peuvent avoir accès à l’école et être entendus. Aussi désirons-nous mettre à disposition un service d’aide pour les parents demandeurs tous les jours entre 7h15 et 8h20. En effet, les parents pourront quotidiennement s’adresser à un éducateur référent qui s’efforcera de répondre à leurs questions ou de les guider dans les démarches pour y répondre.

Nous aimerions aller encore plus loin dans le lien entre l’école et les parents en travaillant avec des associations de quartier (cours d’alphabétisation, d’informatique, activités en tous genres).

 

Une école où le temps scolaire est réfléchi

Le temps scolaire est un élément essentiel dans le développement et l’épanouissement des élèves. À cet égard, plusieurs aspects nous semblent fondamentaux :

  • Les cours d’éducation physique doivent se donner l’après-midi, au moment où l’élève a le plus besoin de se dépenser.
  • Une récréation toutes les 2h de cours permet à l’élève de s’aérer l’esprit et de ne pas enchainer plus de 2h de concentration.
  • Le travail autonome se fait systématiquement en fin de journée et est suivi d’une remédiation facultative. L’élève peut ainsi clôturer sereinement et efficacement la journée écoulée, notamment en limitant le travail à domicile.
  • Le conseil hebdomadaire achève la semaine, offrant un temps de parole et de réflexion autour des événements qui ont jalonné la semaine. L’élève peut dès lors entamer le week-end le plus sereinement possible.
  • La journée commence par une récréation de 10 minutes, moment de retrouvailles et de discussions entre les élèves avant de démarrer la journée. C’est également le moment que l’élève privilégiera pour se rendre au secrétariat et régler les questions administratives.
  • L’école est ouverte dès 7h30 afin de pouvoir accueillir les élèves et les parents (voir point relation famille/école). De même, l’école reste ouverte jusqu’à 17h30. À ces moments, la bibliothèque de l’école est accessible.
  • Les cours de l’après-midi sont des cours de 45 minutes et portent sur des disciplines à minimum 4h semaine. Cette organisation temporelle nous permet de dégager 60 minutes consacrées au conseil hebdomadaire.

 

Une école en lien avec les écoles primaires du quartier

L’École Ensemble aimerait créer des liens privilégiés avec certaines écoles primaires à pédagogies innovantes, de Molenbeek-Saint-Jean, Koekelberg ou de Jette. Les passerelles entre primaire et secondaire étant souvent compliquées, voire douloureuses, pour les enfants, il nous semble pertinent de créer des relations entre ces deux niveaux d’enseignement. En pratique, nous aimerions nouer des contacts avec les directions et instituteurs de ces écoles, mais également organiser des activités avec les élèves (portes ouvertes, tutorats…)

 

L’équipe éducative

Il est évident que pour réaliser un tel projet, la condition sine qua non est une équipe motivée, formée et en perpétuelle remise en question. Les enseignants et éducateurs de l’École Ensemble travailleront en équipe tout au long de l’année. Ils devront dès lors participer de manière hebdomadaire à une réunion de travail (parfois disciplinaire, parfois interdisciplinaire).

Les enseignants suivront également une série de formations en pédagogies actives (plus importante pour les nouveaux arrivés) tout au long de l’année et parfois durant les périodes de congés ou de vacances. L’équipe en place sera par la suite tutrice des nouveaux collègues.

Pour assurer le bon fonctionnement de notre projet, il est nécessaire que nous bénéficiions d’un coordinateur pédagogique qui veillera à la cohérence et à l’adéquation pédagogiques de l’équipe éducative. Riche de son expérience, cette personne sera la personne-ressource face à une équipe éducative en constante interrogation dans ses pratiques innovantes quotidiennes. Pour ce faire, ses rôles seront :

  • Guider l’équipe dans ses questionnements méthodologiques : elle maitrisera les programmes et compétences liés à chaque discipline, répondra aux doutes de l’enseignant quant à ses pratiques, assistera à certains de ses cours et lui proposera des pistes didactiques si nécessaire.
  • Former et structurer les divers conseils institutionnels, et en particulier le conseil des délégués des élèves en veillant au respect des processus démocratiques.
  • Garantir le maintien des valeurs pédagogiques de l’école : elle assurera le suivi des projets d’école et sera le lien privilégié entre les différents projets de classe, elle gérera les formations de l’école (thèmes, ordres du jour, contacts…)
  • Assurer les échanges avec les autres écoles (primaires et secondaires).

Les éducateurs auront une place fondamentale et participeront de manière active à la vie de l’école. De la même manière que le coordinateur pédagogique devra être personne-ressource pour les enseignants, les éducateurs le seront pour les élèves. Ils pourront aussi assurer un rôle de médiation. Ils feront partie des réunions d’équipe et de parents, participeront aux conseils de classe, seront présents aux formations.

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[1]Comme le rappelait Jean-Marie De Ketele, professeur spécialisé en sciences de l’éducation, lors du colloque sur le Pacte le 26 janvier 2015, cette excellence doit être une excellence de niveau, mais aussi une excellence inclusive accessible à tous. Propos immédiatement corroborés par la ministre Joëlle Milquet insistant sur ce concept d’excellence inclusive.

[2]Selon les chiffres d’Eurostat suite à une enquête sur les forces de travail en 2012, le taux de décrochage scolaire entre la 3e et la 5e secondaire dans la Région de Bruxelles-Capitale est de 20%.

[3]C. Freinet, « Les invariants pédagogiques » in Bibliothèque de l’École moderne n°25, 1964.

[4]G. Vecchi, Évaluer sans dévaluer, Hachette Éducation, 2011.

J.-P. Astolfi, L’erreur, un outil pour enseigner, ESF, 1997.

[5]Lors de la conception du CE1D annuel, ceux-ci s’efforcent d’ailleurs de modifier suffisamment la structure du test et de ses questions pour que le bachotage ne soit jamais réellement une solution efficace.

[6]Notre projet d’intention complet consacre, lui, une partie importante à la pertinence des pédagogies actives en milieu défavorisé, se basant sur des expériences pilotes, des statistiques et des remises en questions de certains a priori sur la question.

[7]Objectif 4 : Favoriser la mixité sociale dans chaque établissement scolaire et dans chaque filière

Quelle richesse que la mixité, qu’elle soit sociale ou culturelle ! Or, osons le dire, la mixité sociale à l’école n’a guère progressé. Les regroupements des élèves, qu’ils soient choisis ou subis, s’opèrent selon le niveau, l’aisance sociale ou l’appétence culturelle. Actuellement, les écarts de performances entre élèves s’expliquent, pour 56%, par le choix de l’établissement. Si nous voulions créer, d’un coup de baguette magique, une réelle mixité de performance dans chaque établissement, 60% des élèves devraient changer d’école.

La dualisation du système scolaire va à l’encontre des principes d’équité et ce sont les élèves dont le profil socioéconomique est le moins favorable qui en font les frais. Notre conception de l’école comme lieu de vie où l’on apprend « en société », où l’on « fait société », appelle immanquablement la mixité sociale et culturelle. Des études montrent que mélanger les publics scolaires permet de gagner en efficacité, au niveau collectif (le système conduit à de meilleures performances moyennes) et individuel (chaque élève en bénéficie directement).

Il importe de définir et de mettre en œuvre des stratégies permettant :

– aux enseignants de détecter les mécanismes de ségrégation ;

– aux pouvoirs organisateurs de les supprimer.

[8]Jean Le Gal, Le Conseil d’enfants de l’école, Pratiques et recherches n°27, ICEM.

[9]Dans cet esprit, l’école CLEF de La Ciotat organise dans l’horaire de l’élève un temps prévu pour avancer dans son travail individuel annuel. Il doit systématiquement s’inscrire auprès d’un professeur dont la discipline et les connaissances pourront le guider dans le développement de la thématique qu’il s’est choisie.

[10]Notre équipe comprend un formateur en nouvelles technologies qui exploite systématiquement avec ses élèves, depuis 2011, aussi bien les tableaux blancs interactifs que les tablettes numériques.

[11]Celui-ci a bien sûr sa place dans une école, surtout lorsque sa conception peut s’intégrer dans une réflexion sur un monde régi par les affiches publicitaires, mais il ne saurait être le seul représentant de ce qu’une communication efficace dans notre société attend.

[12]« Si nous examinons les usages actuels de ces nouvelles technologies, il faut bien reconnaître que, dans la plupart des cas, elles ne font que singer les formes traditionnelles, les plus magistrales de l’enseignement : des cédéroms qui livrent un savoir tout fait, qui intéressent en grande majorité ceux qui savent déjà, bref peu propices à la construction et à la disputatio des savoirs ; des sites Internet qui tronçonnent la matière, qui affichent des syllabi à peine modernisés par l’électronique (…) » (M. Lebrun, Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre. Quelle place pour les TIC dans l’éducation ?, De Boeck, 2007, p. 189)